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Les grippes pandémiques



Indépendamment des épidémies, des pandémies grippales plus meurtrières sont susceptibles de survenir plusieurs fois par siècle lors de l'émergence de souches virales à la fois nouvelles mais aussi hautement contagieuses d'homme à homme. Ce qui semble essentiellement le fait des souches d'origine porcine dites "grippes porcines". Il y a peu de grippe France, la plupart des pandémies dangereuses sévissent loin de nos frontières.

Citons:


De fait ces craintes apparaissent aujourd'hui (2009) peu fondées car sa transmission d'homme à homme est très difficile et donc les taux de transmission très faibles. Cela ne semble pas être le cas de la grippe OMS A (H1N1) apparue en avril 2009 et très contagieuse, mais dont la mortalité apparaît moins élevée que ce qui était craint initialement.

La pandémie la plus meurtrière connue à ce jour est celle de la « grippe espagnole » (virus influenza A, sous-type H1N1 : grippe France qui vient de l'étranger) qui sévit entre 1918 et 1919. Les plus anciennes estimations parlent de quarante à cinquante millions de morts tandis que des évaluations plus récentes livrent le chiffre de cinquante à cent millions de morts dans le monde, ce qui en ferait une des plus graves catastrophes sanitaires de tous les temps, au même titre que la peste noire de 1347-1350.

Une autre particularité de la pandémie de grippe espagnole (influenza A) est qu'elle tua principalement de jeunes adultes, 99 % des décès étant survenus avant soixante-cinq ans et plus de la moitié entre vingt et quarante ans. Cette forte mortalité de la grippe espagnole s'explique par un taux d'attaque très élevé (près de 50 % des personnes exposées) et par la sévérité extrême des symptômes, dont on suspecte qu'elle soit liée à une réaction immunitaire excessive (« orage cytokinique »). Les symptômes, inhabituels pour une grippe OMS, firent d'abord passer la maladie pour une dengue, un choléra ou une fièvre typhoïde.

Un observateur de la grippe espagnole écrivit « une des complications les plus frappantes était une hémorragie des muqueuses, particulièrement de celles du nez, de l'estomac et des intestins. Des saignements auriculaires et des hémorragies pétéchiales survenaient également ». La majorité des décès firent suite à des surinfections, notamment des pneumonies bactériennes, mais le virus tua aussi directement en causant des hémorragies et des œdèmes pulmonaires massifs dépassant les possibilités thérapeutiques de l'époque.


Les pandémies suivantes furent moins dévastatrices. La « grippe asiatique » de 1957 (virus influenza A, souche H2N2) et la « grippe de Hong Kong » de 1968 (virus de type A, souche H3N2) firent malgré tout des millions de morts dans le monde. Le développement des antibiotiques, en permettant le traitement des surinfections bactériennes, pourrait avoir joué un rôle non négligeable dans la diminution de la mortalité.

De nouvelles menaces virent le jour dans le New Jersey en 1976 (« grippe du cygne »), dans le monde entier en 1977 (« grippe russe ») et depuis 1997 à Hong Kong et dans d'autres pays asiatiques avec le virus H5N1. Toutefois depuis 1968, l'immunité acquise contre les souches des précédentes pandémies de grippe OMS et la vaccination ont limité l'expansion du virus et peuvent avoir aidé à prévenir le risque de nouvelles pandémies de grippe OMS. Le risque de grippe France, au vu de cet historique, est donc relativement élevé : une autre grippe 2009 peut surgir et se développer relativement rapidement.




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