En 2004, la souche H5N1 du virus a rendu la maladie tristement célèbre : celle-ci est fortement dangereuse pour l'homme. A l'heure actuelle, on n'a observé que des transmissions d'oiseaux migrateurs à hommes qui restent rares. Toutefois l'OMS craint que le virus ne mute créant ainsi une pandémie hautement mortelle.
Si c'était le cas, les premières estimations optimistes évaluent sept à huit millions de morts ; les estimations pessimistes à plusieurs centaines de millions. En septembre 2008 le nombre de cas mortels a été de 245 et aucun dans les pays hautement industrialisés. Début 2009, ce virus reste actif chez les oiseaux, essentiellement en Asie du Sud-Est et le risque d'une pandémie est toujours présent.
Le virus de la grippe aviaire peut en effet se transmettre à l’homme dans certaines circonstances : lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d’animaux infectés. Il se manifeste par une infection respiratoire aiguë sévère, d’évolution souvent fatale. Le diagnostic biologique est réservé à des laboratoires spécialisés dont les laboratoires de référence pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En dehors du virus H5N1, d’autres épisodes de contamination humaine directement à partir d’oiseaux sont déjà survenus (comme ce fut le cas par exemple avec le virus H7N7 en 2003 aux Pays-Bas et le virus H9N2 à Hong-Kong).
A l’heure actuelle, il existe un vaccin contre la grippe aviaire A(H5N1) qui est recommandé essentiellement chez les sujets exposés de part leur profession (Avis du HCSP 05/09/2008).
Il est à rappeler que le vaccin contre la grippe saisonnière n’a pas d’efficacité en tant que vaccin contre la grippe aviaire à virus H5N1. Il est recommandé aux personnes à risque de faire des complications de la grippe ainsi qu’aux professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque (voir calendrier vaccinal 2008).
Des traitements antiviraux sont utilisés en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.
Le risque majeur représenté par les virus de la grippe aviaire (H5N1) est qu'ils s'adaptent à l'homme et qu'une transmission interhumaine s'installe. Ce virus peut s'adapter de deux façons : soit en mutant progressivement, soit en se recombinant avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l'homme à l'occasion d'une coïnfection. Une souche recombinée ou qui aurait mutée pourrait acquérir une capacité de transmission interhumaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale et de vaccin contre la grippe aviare.
Plusieurs points peuvent nous faire craindre l'émergence d'une pandémie dangereuse au cours des prochaines années :
Le risque de pandémie est important
Depuis fin 2003, le monde n’a jamais été aussi proche d’une pandémie. Toutes les conditions préalables à une pandémie ont maintenant été réunies sauf une : l’établissement d’une transmission interhumaine efficace. En 2005, des changements inquiétants ont été observés dans l’épidémiologie de la maladie chez l’animal. Des cas humains continuent de se produire et le virus s’est étendu géographiquement à de nouveaux pays, accroissant ainsi la taille de la population exposée. Chaque nouveau cas humain donne au virus la possibilité d’évoluer vers une souche pandémique pleinement transmissible.
Le risque va persister
Les données montrent que le virus de la grippe aviaire est maintenant endémique dans plusieurs parties d’Asie, ayant trouvé une niche écologique chez les oiseaux migrateurs. Le risque de nouveaux cas humains va persister, de même que le risque d’émergence d’un virus pandémique. Des flambées se sont déclarées de façon récurrente malgré des mesures de lutte énergiques, y compris l’abattage de plus de 140 millions de volailles et oiseaux migrateurs. Les oiseaux migrateurs sauvages – historiquement le réservoir hôte de tous les virus grippaux A – meurent à présent en grand nombre du virus de la grippe aviaire hautement pathogène. Les canards domestiques peuvent excréter des quantités importantes de virus hautement pathogène tout en restant asymptomatiques. Leur rôle silencieux dans l’entretien de la transmission complique encore la lutte chez les volailles et oiseaux migrateurs et fait qu’il est plus difficile pour l’homme d’éviter les comportements à risque.
L’évolution de la menace n’est pas prévisible
Compte tenu de l’évolution constante des virus grippaux de la grippe aviare, il est impossible de prévoir à quel moment se produira la prochaine pandémie et quelle en sera la gravité. L’étape finale – une transmission interhumaine améliorée – peut résulter de deux mécanismes principaux : un réassortiment au cours duquel les virus humains et ceux de la grippe aviare échangent du matériel génétique à la faveur de la co-infection d’un homme ou d’un porc, ou un processus plus progressif de mutation adaptative, par lequel la capacité du virus de la grippe aviare à se fixer aux cellules humaines augmenterait au cours d’infections successives chez l’homme. Le réassortiment pourrait se traduire par un virus pandémique pleinement transmissible, annoncé par une brusque vague de cas à propagation explosive. La mutation adaptative, exprimée dans un premier temps sous forme de petites grappes de cas humains témoignant d’une transmission limitée, laisserait probablement un peu de temps pour prendre des mesures défensives. Mais, encore une fois, nous ne savons pas si un tel délai de grâce nous sera accordé, pas plus qu'un vaccin contre la grippe aviare.
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